BLANCHON PATRICK


Biographie

Patrick Blanchon est un peintre français né en 1960 à Paris. Sa mère d’origine Estonienne lui enseigne les premiers rudiments de dessin et de peinture. Après une formation aux Beaux Arts de Paris, il se lance dans une carrière de photographe puis se spécialise dans le travail de laboratoire noir et blanc. Avec la mutation de la photographie argentique au numérique, Patrick Blanchon change d’orientation et,  pour subvenir aux nécessités familiales il trouve un emploi dans les sondages d’opinion, une autre forme de photographie s’il en est. Il n’a jamais cessé de peindre depuis son enfance, aussi, lorsqu’en 2003 il décide d’abandonner le monde de l’entreprise, c’est tout naturellement qu’il décide d’ouvrir un cours de dessin et de peinture. Désormais il vit à Le Péage de Roussillon, en Isère où il continue à dispenser des cours  et expose régulièrement son travail depuis 2006.

Démarche artistique :

« Aussi loin que je me souvienne le silence m’a toujours inspiré. Il était comme une toile vierge et de lui venait la multitude. Cela n’a pas toujours été tranquille, apaisant. Il y a des silences lourds, des silences pénibles à supporter. C’est sans doute dans la confrontation avec ceux-ci, ces silences difficiles, que j’ai commencé à dessiner et peindre. Je dois avoir compris très tôt la nécessité de déménager à l’extérieur de moi tout ce qui gênait à l’écoute du silence véritable.

En cela je me considère plus comme un artisan qui sans cesse reprend son ouvrage, poli ses surfaces pour ne laisser derrière lui qu’un objet qui serait réalisé dans une sorte d’anonymat. Etre un artiste, en dehors d’un statut fiscal, être un artiste vraiment, c’est bien autre chose que ce que je suis. Pour moi un artiste ce serait quelqu’un qui « est » le silence incarné et qui n’a plus  qu’à le déposer sur la toile naturellement. Etre un artiste c’est avoir effectué au préalable un sacré chemin dans sa tête et dans son cœur. La technique, la démarche plastique est souvent un labyrinthe dans lequel je me suis égaré, mais parce qu’il le fallait, et  dans la dextérité aussi.

L’idée du beau m’a pendant une bonne période, disons 15 ans   longtemps préoccupée. Tout d’abord je l’ai recherchée et j’ai donné une direction à mon travail vers celle-ci car je pensais qu’elle pouvait avoir un lien intime avec le silence. Mais le problème du beau à mon sens c’est qu’il laisse en surface. D’ailleurs, ma démarche plastique répondait assez fidèlement à ce problème que je relève. Mes surfaces étaient plates, lisses, il n’y avait pas d’épaisseur, pas vraiment de générosité non plus. Cela correspondait à l’idée fausse bien sur que je me faisais de la beauté. Une sorte de maquillage en fait comme celui que portait ma mère lorsque je l’apercevais enfant, mes toutes premières années.

Et puis il y a eut la rencontre de la vrai générosité je crois, la riche épaisseur des toiles de De Staël, de Fautrier. Et entre les deux celles de Manessier. Comme j’étais léger d’argent souvent, et que la couleur était chère pour ce genre d’ouvrage qui nécessite des tubes entiers par toile, enfin, je ne me suis pas donné les moyens d’épaissir. Et puis je crois que cela correspond aussi, dans les années 80-90 à tout un courant que je percevais et qui ne parlait que de cette « épaisseur ». Comme j’ai une sainte horreur des églises comme de la mode j’ai continué dans mon coin, à chercher d’autres solutions, souvent par la profondeur plus que par la surface.   

J’ai passé beaucoup de temps dans ma recherche  plastique à   traquer cette idée de silence, la capter, la restituer. Et c’est souvent en cherchant cela que j’ai trouvé autre chose finalement. C’est pour cela que j’ai toujours estimé la sérendipité un cran au dessus par rapport à la créativité. La créativité est utile à la collectivité et je n’en avais pas grand-chose à faire dans mon travail de la collectivité. J’ai poursuivi une démarche solitaire en ayant comme but le silence, en m’égarant, j’ai découvert des relations connexes avec le mensonge, avec l’habileté, et j’ai emprunté des sentiers pour aller vers une « vérité » de la peinture, ou une maladresse plus  ou moins spontanée, ce qu’on appelle aujourd’hui le « lâcher prise » Alors là aussi il y a tout un cheminement pour sentir en fin de compte que le travail doit à nouveau s’effectuer bien en amont du tableau. Sans discipline de vie, j’ai toujours eu le sentiment de faire de la merde. Parce que j’ai mis la barre haute. La peinture devenait une sorte de sacerdoce, une religion.

Aujourd’hui ce qui m’intéresse c’est de revenir à une forme de simplicité, de proposer un message du cœur simple  à ressentir en surface comme en profondeur, je crois que la simplicité est le fruit de beaucoup de difficultés pour moi c’est pour cela que de nombreuses expositions que j’ai réalisées s’appellent « errances » « vagabondages ». J’ai cru aussi pas mal de temps que cela pouvait être une idée forte ces notions d’errance et de vagabondage, mais en fait non, la vraie idée forte c’est bien celle que je découvre en dessous de tout ça. Restituer le silence le plus pur possible, le plus simplement possible. Car je crois que ce silence répond à toutes les questions qu’un être humain puisse se poser pour ne pas l’écouter, ne pas l’accepter.

Le dessin et la peinture figurative.

J’ai passé beaucoup de temps à faire de « beaux dessins » comme tout le monde dans ce domaine j’imagine. Mais cela ne m’a jamais satisfait vraiment. Faire un beau dessin était une manière d’entrer dans un moule et finalement d’accepter les règles. Et ces règles m’ennuyaient, en fait je n’y ai jamais rien vraiment compris et j’ai fini par placer cette notion de beau dessin dans les cases du narcissisme, de la performance. Restituer la réalité commune, celle que l’on impose commune généralement ne fonctionne plus pour moi, de part mon parcours de photographe je voulais que mon dessin et ma peinture sortent de la représentation classique. Alors j’ai déformé les visages, les corps, creusant  une veine expressionniste finalement qui existe depuis longtemps. Comme quoi la nouveauté en art correspond souvent à une ignorance ou un aveuglement dans mon cas car je connais très bien l’expressionnisme. Ma spécialité est le visage. Je ne prends jamais de modèle pour les peindre. Ils apparaissent sur la toile au travers de jus légers et ce sont des voyages que j’effectue au travers de la mémoire pour laisser soudain apparaître quelqu’un que j’ai autrefois côtoyé, ce n’est pas tant la ressemblance exacte qui m’intéresse mais plutôt d’être au plus juste avec l’émotion que j’ai conservée intacte quelque part en moi de ce visage.

Les paysages abstraits à l’huile

Je pourrais dire la même chose des paysages que plus haut des visages. C’est à chaque fois un voyage de retour à l’origine. Et puis en ayant photographiés beaucoup je ne peux les peindre de la même façon, de manière « classique ». Il y a une forme de dictature de la composition d’un paysage que j’ai découverte et qui à chaque fois que je me retrouve confronté à celle-ci m’impose de prendre le maquis. Les lignes d’horizon notamment j’essaie de les supprimer le plus souvent possible ou de les suggérer fictives, faire douter de l’horizon, faire douter du plan a longtemps été une préoccupation dans l’élaboration de ces paysages. On en revient aux apparences, à ce silence qui se trouve sous celles-ci. 

L'abstraction

Ce sont des tableaux que je réalise dans des périodes de remise en question. Quand je laisse tomber tout ce qui d’ordinaire me préoccupe. C’est tenter de retrouver le silence par la liberté. De retrouver aussi une énergie, celle de l’enfance. »

Patrick Blanchon 2019


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J’ai rejeté plusieurs fois l’idée de devenir artiste. Malgré mes études aux Beaux Arts à Paris et mon intérêt depuis très jeune pour l’art quelque chose en moi m’en empêchait. Et puis il y a dans ma famille du côté de ma mère d’origine balte, une tradition d’errance et d’exil. Mes grands parents maternels sont venus s’installer à Paris en 1917 après de nombreux périples. Ma grand-mère parlait parfaitement le russe, l’allemand et le Français en plus de sa langue maternelle et mon grand père était diplômé des Beaux Art de Saint Petersbourg. Après les fastes de l’empire Ils ont appris la modestie d’une vie sans luxe. Ma grande mère fabriquait des cravates et mon grand père peignait des décors de cinéma aux studios d’Epinay sur Seine, en région parisienne. Par contre ils recevaient tous les peintres et sculpteurs estoniens de Montparnasse dans leur petit appartement. Une effervescence culturelle ne les a jamais quittés.

Du coté de mon père aussi il existe un rapport avec la perte et l’abandon. Mon grand père paternel est parti pendant plus de 10 ans à la recherche d’une boite d’allumettes. Je crois que toutes ces histoires familiales m’ont incité à reprendre cette tradition d’errance, d’exil mais pas dans une notion de patrie, dans tout un ensemble de domaines hétéroclites, et finalement c’est sur mes tableaux que je tente d’effectuer une synthèse.

En tant que peintre, Je ne peux me résoudre à m’installer dans une pratique trop confortable, dans une habitude, une familiarité. Un désir perpétuel de voyage me taraude et c’est au travers des espaces, des masses des lignes et des couleurs  que j’explore les frontières du familier et de l’inconnu. « Mon familier » et « mon inconnu ». En même temps  en pénétrant au plus profond de cette problématique je rencontre un écho plus général dans le monde dans lequel nous vivons, où ces notions de familier et d’inconnu sont au diapason de tous les bouleversements que nous vivons, soit au travers des fractures occasionnées par le progrès technique, soit au travers des guerres incessantes qui traversent la scène du 20eme siècle et encore aujourd’hui au 21 eme siècle et remet ainsi en question  aussi pour nombre de personnes les concepts d’habitude, de familier et d’inconnu, d’errance entre ces domaines . Je ne dis pas que je détiens des solutions, mais modestement à mon niveau, avec mon art j’essaie de restituer une expérience de traversée de frontières, d’émigration de concepts à concepts, de silence et de sérénité  aussi qui ne cesse d’être de plus en plus présent derrière tous les bruits et le fracas général du monde.

Si j’ai toujours dessiné et peint tout au long de ma vie, j’ai du emprunter beaucoup de voies diverses pour « gagner ma vie ». C’est en 2003 qu’une sorte d’éveil m’est « tombé » dessus à l’occasion d’un burning out. J’étais cadre supérieur dans une entreprise et soudain l’absurdité m’a terrassé. J’étais complètement à coté de ma vie. Alors j’ai quitté l’entreprise et j’ai ouvert un cours de dessin et de peinture, et j’ai retrouvé la joie de me lever le matin en ayant l’impression d’être « utile », d’apprendre quelque chose et d’enseigner aux autres est un enrichissement extraordinaire.

Mais je n’avais toujours pas la prétention d’être un artiste. Si je peignais je ne montrais pas mes œuvres. En fait je suis assez timide et sauvage malgré tout et les mondanités ne m’ont jamais vraiment intéressé.  Et puis ma femme qui a l’habitude de manier les emails et le téléphone m’a proposé de devenir «  mon agent » et de me trouver des lieux d’exposition.  Alors j’expose au niveau local surtout, dans des centres culturels, des offices de tourisme. J’ai exposé une fois  en 2006 dans une galerie sur Lyon, la galerie Dedart qui malheureusement n’existe plus. C’était une expérience extraordinaire, car les propriétaires s’investissaient vraiment pour les artistes.

Là j’ai commencé à me rendre compte que les gens appréciaient mon travail. C’était formidable. Et puis j’ai vendu des tableaux à des inconnus par seulement au cercle de mes proches cela signifiait donc que quelque chose vraiment était en train de se produire.

Quand la galerie a fermé, j’ai bien sur tenté ma chance auprès d’autres galeristes. Mais sans succès, il faut dire que mon travail dans son ensemble est tellement divers que je suis une sorte d’anomalie sur le marché. La difficulté à m’identifier sans doute et mon âge également, j’ai presque 60 ans, auront découragé les marchands d’art.

Alors je me suis tourné vers les réseaux sociaux désormais et c’est ainsi que j’ai rencontré la galerie de Constantin Alexiades qui m’a proposé de m’accueillir et d’exposer mes travaux et que je remercie.


Liste des expositions

A venir

MJC Saint-Priest 69 du 4 avril au 22 avril 2019

« Errances » Prieuré de Salaise sur Sanne 38 France du 19 avril au 2 mai 2019

Maison de l’artisanat et de l’Art à Saint Paul en Jarez  42 du 10 mai au 27 mai 2019

Maison du Chatelet Bourg L’Argental  du 2 juillet au 29 juillet 2019

Centre Culturel des Carroz d’Arraches hte Savoie 73 du 3 aout au 10 aout 2019

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